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Musique classique et opéra par Classissima

Antonín Dvorák

vendredi 20 janvier 2017


Classiquenews.com - Articles

Hier

CLASSICAVAL à VAL D’ISERE. MUSIQUE DE CHAMBRE sous la neige

Classiquenews.com - Articles VAL D’ISERE. Festival Classicaval, du 16 au 19 janvier 2017. Musique classique au pays de la glisse ou Val d’Isère, … versant classique : du 16 au 19 janvier 2017, le village de Val d’Isère affiche tout un cycle de musique de chambre, à savourer entre deux glisses, 3 jours de suite à 18h30. Neige immaculée, montagnes vertigineuse, chalets et village rustique… la carte postale est bien réelle à Val d’Isère mais vécue sur le terrain, elle prend une toute autre dimension, en particulier pendant son festival de musique classique où les récitalistes et chambristes souvent affûtés, produisent des sensations au moins égales au vertige des pentes enneigées… ____________________ VAL D’ISERE. Festival Classicaval, du 16 au 19 janvier 2017. Musique classique au pays de la glisse ou Val d’Isère, … versant classique : du 16 au 19 janvier 2017, le village de Val d’Isère affiche tout un cycle de musique de chambre, à savourer entre deux glisses. Neige immaculée, montagnes vertigineuse, chalets et village rustique… la carte postale est bien réelle à Val d’Isère mais vécue sur le terrain, elle prend une toute autre dimension, en particulier pendant son festival de musique classique où les récitalistes et chambristes souvent affûtés, produisent des sensations au moins égales au vertige des pentes enneigées. Ce 24ème festival Classicaval (opus 1, car il y a une suite au mois de mars, du 6 au 9 mars 2017 — direction artistique Frédéric Lagarde) permet aux skieurs de se retrouver à 18h30 en fin d’après midi, après l’effort, dans l’église baroque du village : un concert les y attend. Directrice artistique de l’événement, la pianiste Anne-Lise Gastaldi offre une programmation pour le moins éclectique, de l’art lyrique à l’opéra-comique, vers les plus belles expressions du folklore de l’Espagne à la Pologne, mais aussi au cœur d’une soirée dédiée au plu tendre et au plus profond d’entre tous, le divin Mozart. MUSIQUE DE CHAMBRE sur la neige La tradition musicale à Val d’Isère est déjà ancienne, depuis que Jean Rézine, passionné de musique, attirait in loco, les jeunes instrumentistes parmi les plus doués de leur génération… depuis Classicaval musiciens et chanteurs grâce à l’engagement de quatre directeurs artistiques, Anne-Lise Gastaldi, Elena Rozanova, David Lefèvre et Frédéric Lagarde. Sous l’oeil des ainés, professionnels aguerris des plus grandes salles de concert, les plus jeunes accordent à Val d’isère, leur jeune virtuosité, leur jeunesse avide, et la profondeur d’un tempérament pas que démonstratif. Cette année, entre autres talents à suivre, la jeune violoncelliste Hanna Salzenstein, élève de Raphaël Pidoux, sera présente pour la 24è édition de Classicaval. Autres invités présents : le pianiste et chef d’orchestre Jean-François Heisser, la soprano Edwige Bourdy, l’accordéoniste, pianiste et compositeur, Benoît Urbain, Virginie Buscail, violon solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’altiste Michel Michalakakos, la violoniste Nathalie Chabot… Le classique au coeur du village de Val d’Isère Lundi 16 janvier 2017 : dès 19h, rendez-vous pour un avant-goût musical à l’Hôtel Aigle des Neiges. Mardi 17 janvier : à 10h, visite de l’église baroque de Val d’Isère avec un guide-conférencier de la FACIM. 18h 30 : premier concert à l’église. A l’issue, rencontre avec les musiciens à la salle Marcel Charvin Mercredi 18 janvier : plusieurs fois dans la journée, « Le Piano-Manège » de Noël Martin et sa Volière aux Pianos invite à jouer sur le front de neige de Val d’Isère et dans la station. Jeudi 19 janvier : Découverte musicale avec les enfants de l’école de Val d’Isère. Programmation CLASSICAVAL 2017 : Tous les concerts ont lieu dans l’église de Val d’Isère, à 18h30 Mardi 17 janvier 2017 ”Mozart de 2 à 4…” “FOLKLORES… DE 1 À 5″ Concert WOLFGANG AMADEUS MOZART Sonate en mi mineur KV 304 I – Allegro II – Tempo di Menuetto Divertimento en mi bémol majeur pour trio à cordes KV 563 I – Allegro II - Menuetto III – Allegro Quatuor avec piano en sol mineur KV 478 I – Allegro II – Andante III – Rondo, Allegro Mercredi 18 janvier 2017 ”Inclassicable”… mélodies et chansons de 2 à 6 JEAN-SEBASTIEN BACH Prélude de la suite n°1 en sol majeur BWV 1007 MANUEL DE FALLA : Nana JULES MASSENET: On dit / Méditation de Thaïs REYNALDO HAHN: La Barcheta CLAUDE NOUGARO: Toulouse EDITH PIAF: Hymne à l’amour HAROLD ARLEN: Over the rainbow ASTOR PIAZZOLLA: Milonga sin palabras FERNANDO OBRADORS: Del cabello mas sutil CAMILLE SAINT-SAËNS: Si vous n’avez rien à me dire / Le cygne ERIK SATIE: La diva de l’empire GERSHWIN: I got rythm GÉRARD JOUANNEST: Accordéonesque BENOÎT URBAIN: Piazza di piazzo / in the mud / Virginie M Jeudi 19 janvier 2017 “Folklores… de 1 à 5″ FRÉDÉRIC CHOPIN Deux Polonaises op.26 ENRIQUE GRANADOS Deux danses espagnoles ISAAC ALBENIZ El Puerto/ Fête-Dieu à Séville ANTON DVORAK : Quintette avec piano en la majeur op.81 I – Allegro ma non troppo II – Andante con moto III – Molto vivace IV – Allegro ___________________________ TEASER VIDEO du 23è Festival Classicaval 2016 + d’INFOS / Réservations : Toutes les infos, le détail des programmes, les modalités de réservation, pour préparer aussi votre séjour en Val d’Isère, sur le site du festival Classicaval : www.festival-classicaval.com http://www.festival-classicaval.com VIDEO : reportage vidéo exclusif le festival CLASSICAVAL 2016 REPORTAGE VIDEO. Val d’Isère, festival Classicaval, 8, 9, 10 mars 2016… 3 concerts événements au Val d’Isère, au pied des pistes…En mars 2016, Val d’Isère fait son festival du 8 au 10 mars. “Classicaval” est le nouvel événement musical à suivre, chaque début d’année, un rendez-vous très estimable, soucieux d’accorder montagne et musique classique dans l’un des sites les plus enchanteurs de la région. 2ème édition en 2016 d’un cycle de concerts hors normes qui investit l’église baroque de Val d’Isère ; c’est une occasion unique d’écouter au cœur des massifs spectaculaires, des instrumentistes inspirés qui excellent en un charisme… Durée : 12 mn ______________ Prochain Festival CLASSICAVAL à Val d’Isère, du 6 au 9 mars 2017 (direction artistique Frédéric Lagarde)

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Premier concert prometteur pour Emmanuel Krivine avec l’Orchestre national

Paris. Auditorium de Radio France. 12-I-2017. Serge Rachmaninov (1873-1943 ): concerto n° 3 pour piano et orchestre ; Antonin Dvorak (1841-1904) : Symphonie n° 7. Denis Matsuev (piano). Orchestre national de France, Emmanuel Krivine (direction).




La lettre du musicien (Comptes rendus)

17 janvier

Salle Wagram, séduisant début d'année pour l'Orchestre Colonne

Dirigée par Arie Van Beek, la phalange parisienne donnait en ses terres, dans une salle Wagram flambant neuve, un programme alléchant et ambitieux: après une mise en bouche contemporaine, place à Tchaïkovski et Dvorak. Flammenschrift de Guillaume Connesson est un hommage vigoureux à Beethoven, ou plutôt à sa part d’ombre : un tempérament colérique, parfois brutal. La direction nette et musclée d’Arie Van Beek embarque les musiciens dans une interprétation nerveuse : les cuivres résonnent, brillants, les archets, toniques, martèlent les cordes. La pièce pourrait paraître un brin pompier, si l’orchestre, loin de la jouer mécaniquement, ne prenait pas soin d’en extraire le sel : un lyrisme discret, aux accents bien romantiques. La partie centrale, toute en contrastes, permet d’entendre le moelleux des violoncelles et les interventions délicates de la petite harmonie. Le redoutable Concerto pour violon de Tchaïkovski est confié à Paul Rouger. Grâce à la configuration intime de la salle, le public est très proche du soliste : un régal. On apprécie d’emblée la complicité qui se tisse entre le violon, le tutti et le chef : regards, sourires, écoute. Paul Rouger déploie une sonorité chaude et profonde, très russe, servie par une large palette de vibratos. Le thème principal est déclamé avec une grande élégance, qui rappelle la ligne claire des grands noms de l’école française de violon, tel Arthur Grumiaux. Les périls de la partition sont affrontés de main (ou d’archet) de maître, avec, parfois, une certaine rugosité, contrebalancée par un lyrisme envoûtant. Le deuxième mouvement, d’inspiration profondément slave, est poignant : quelle nostalgie ! Le Finale permet d’apprécier la cohérence et l'expressivité de l'orchestre, qui balance entre envolées tuttistes et contrechants solistes. Mêmes qualités dans la Symphonie n°8 de Dvorak, dite « Tchécoslovaque ». Les inspirations populaires sont assumées avec verve et lyrisme et on apprécie les contrastes d’une partition où l'introspection religieuse côtoient des moments d’optimiste et de lumière (les trompettes ouvrant le Finale...). Arie Van Beek dirige avec beaucoup de souplesse. Il est particulièrement attentif à sculpter la matière sonore enveloppante et dense des cordes. (13 janvier)

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10 janvier

Festival Classicaval à Val d’Isère

VAL D’ISERE. Festival Classicaval, du 16 au 19 janvier 2017. Musique classique au pays de la glisse ou Val d’Isère, … versant classique : du 16 au 19 janvier 2017, le village de Val d’Isère affiche tout un cycle de musique de chambre, à savourer entre deux glisses. Neige immaculée, montagnes vertigineuse, chalets et village rustique… la carte postale est bien réelle à Val d’Isère mais vécue sur le terrain, elle prend une toute autre dimension, en particulier pendant son festival de musique classique où les récitalistes et chambristes souvent affûtés, produisent des sensations au moins égales au vertige des pentes enneigées. Ce 24ème festival Classicaval (opus 1, car il y a une suite au mois de mars, du 6 au 9 mars 2017 — direction artistique Frédéric Lagarde) permet aux skieurs de se retrouver à 18h30 en fin d’après midi, après l’effort, dans l’église baroque du village : un concert les y attend. Directrice artistique de l’événement, la pianiste Anne-Lise Gastaldi offre une programmation pour le moins éclectique, de l’art lyrique à l’opéra-comique, vers les plus belles expressions du folklore de l’Espagne à la Pologne, mais aussi au cœur d’une soirée dédiée au plu tendre et au plus profond d’entre tous, le divin Mozart. MUSIQUE DE CHAMBRE sur la neige La tradition musicale à Val d’Isère est déjà ancienne, depuis que Jean Rézine, passionné de musique, attirait in loco, les jeunes instrumentistes parmi les plus doués de leur génération… depuis Classicaval musiciens et chanteurs grâce à l’engagement de quatre directeurs artistiques, Anne-Lise Gastaldi, Elena Rozanova, David Lefèvre et Frédéric Lagarde. Sous l’oeil des ainés, professionnels aguerris des plus grandes salles de concert, les plus jeunes accordent à Val d’isère, leur jeune virtuosité, leur jeunesse avide, et la profondeur d’un tempérament pas que démonstratif. Cette année, entre autres talents à suivre, la jeune violoncelliste Hanna Salzenstein, élève de Raphaël Pidoux, sera présente pour la 24è édition de Classicaval. Autres invités présents : le pianiste et chef d’orchestre Jean-François Heisser, la soprano Edwige Bourdy, l’accordéoniste, pianiste et compositeur, Benoît Urbain, Virginie Buscail, violon solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’altiste Michel Michalakakos, la violoniste Nathalie Chabot… Le classique au coeur du village de Val d’Isère Lundi 16 janvier 2017 : dès 19h, rendez-vous pour un avant-goût musical à l’Hôtel Aigle des Neiges. Mardi 17 janvier : à 10h, visite de l’église baroque de Val d’Isère avec un guide-conférencier de la FACIM. 18h 30 : premier concert à l’église. A l’issue, rencontre avec les musiciens à la salle Marcel Charvin Mercredi 18 janvier : plusieurs fois dans la journée, « Le Piano-Manège » de Noël Martin et sa Volière aux Pianos invite à jouer sur le front de neige de Val d’Isère et dans la station. Jeudi 19 janvier : Découverte musicale avec les enfants de l’école de Val d’Isère. Programmation CLASSICAVAL 2017 : Tous les concerts ont lieu dans l’église de Val d’Isère, à 18h30 Mardi 17 janvier 2017 ”Mozart de 2 à 4…” “FOLKLORES… DE 1 À 5″ Concert WOLFGANG AMADEUS MOZART Sonate en mi mineur KV 304 I – Allegro II – Tempo di Menuetto Divertimento en mi bémol majeur pour trio à cordes KV 563 I – Allegro II - Menuetto III – Allegro Quatuor avec piano en sol mineur KV 478 I – Allegro II – Andante III – Rondo, Allegro Mercredi 18 janvier 2017 ”Inclassicable”… mélodies et chansons de 2 à 6 JEAN-SEBASTIEN BACH Prélude de la suite n°1 en sol majeur BWV 1007 MANUEL DE FALLA : Nana JULES MASSENET: On dit / Méditation de Thaïs REYNALDO HAHN: La Barcheta CLAUDE NOUGARO: Toulouse EDITH PIAF: Hymne à l’amour HAROLD ARLEN: Over the rainbow ASTOR PIAZZOLLA: Milonga sin palabras FERNANDO OBRADORS: Del cabello mas sutil CAMILLE SAINT-SAËNS: Si vous n’avez rien à me dire / Le cygne ERIK SATIE: La diva de l’empire GERSHWIN: I got rythm GÉRARD JOUANNEST: Accordéonesque BENOÎT URBAIN: Piazza di piazzo / in the mud / Virginie M Jeudi 19 janvier 2017 “Folklores… de 1 à 5″ FRÉDÉRIC CHOPIN Deux Polonaises op.26 ENRIQUE GRANADOS Deux danses espagnoles ISAAC ALBENIZ El Puerto/ Fête-Dieu à Séville ANTON DVORAK : Quintette avec piano en la majeur op.81 I – Allegro ma non troppo II – Andante con moto III – Molto vivace IV – Allegro ___________________________ TEASER VIDEO du 23è Festival Classicaval 2016 + d’INFOS / Réservations : Toutes les infos, le détail des programmes, les modalités de réservation, pour préparer aussi votre séjour en Val d’Isère, sur le site du festival Classicaval : www.festival-classicaval.com http://www.festival-classicaval.com VIDEO : reportage vidéo exclusif le festival CLASSICAVAL 2016 REPORTAGE VIDEO. Val d’Isère, festival Classicaval, 8, 9, 10 mars 2016… 3 concerts événements au Val d’Isère, au pied des pistes…En mars 2016, Val d’Isère fait son festival du 8 au 10 mars. “Classicaval” est le nouvel événement musical à suivre, chaque début d’année, un rendez-vous très estimable, soucieux d’accorder montagne et musique classique dans l’un des sites les plus enchanteurs de la région. 2ème édition en 2016 d’un cycle de concerts hors normes qui investit l’église baroque de Val d’Isère ; c’est une occasion unique d’écouter au cœur des massifs spectaculaires, des instrumentistes inspirés qui excellent en un charisme… Durée : 12 mn ______________ Prochain Festival CLASSICAVAL à Val d’Isère, du 6 au 9 mars 2017 (direction artistique Frédéric Lagarde)



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13 décembre

TOURS, compte rendu critique, concert. Grand Théâtre, le 11 décembre 2016. Concert Shakespeare : Sullivan, Berlioz, Tchaikovski, Nicolaï, Sibelius, Dvorak. Orch Symphonique Région Centre Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction.

TOURS, compte rendu critique, concert. Grand Théâtre, le 11 décembre 2016. Concert Shakespeare : Sullivan, Berlioz, Tchaikovski, Nicolaï, Sibelius, Dvorak. Orch Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. William Shakespeare fait l’unité de ce 2è concert symphonique présenté par l’Opéra de Tours dans le cadre de sa nouvelle saison 2016-2017. La langue de Shakespeare est hautement musicale et ce programme le montre superbement. De surcroît, la soirée est riche en découvertes: le cycle marie des pièces méconnues fortes et puissantes et pourtant trop rares en France. Il dévoile aussi le formidable charisme d’un chef passionnant à suivre dont le métier approche l’excellence par sa façon artisanale et son hypersensibilité communicative, propre à obtenir d’infimes nuances. De fait, la complicité chef / instrumentistes a fonctionné : tous les pupitres sont prêts à le suivre jusqu’au delà des attentes. On n’avait pas vécu telle expérience musicale depuis longtemps à Tours. Pas de grands germaniques romantiques mais les compositeurs Français, Tchèques Russes, Finlandais, soit ici plusieurs personnalités au caractère trempés qui de Berlioz à Sibelius proposent aussi de vrais défis pour les instrumentistes de l’Orchestre symphonique Région Centre Val de Loire / Tours (OSRCVLT). Les formes abordées sont libres : symphonie dramatique, ouvertures, Fantaisie symphonique, musique de scène… l’attention qu’elles exigent suppose en vérité un engagement total car pour toutes, il s’agit de véritables opéras révélant une dramaturgie sans les voix sinon l’éloquence canalisée des instruments. De ce point de vue, la soirée aura été celle d’une captivante immersion symphonique, révélant de fabuleuses dispositions d’écoute et des trésors dans le jeu collectif, défis relevés et pleinement assumés par le charisme d’un chef présent formidablement complice dont la direction toute en fluidité et précision a révélé le cœur et la vérité de chaque épisode, ce malgré la disparité des effectifs et des écritures. UN CHEF ARTISAN MAGICIEN… La réalisation en est l’attrait premier… d’un éclectisme certes prometteur, -le programme put n’être qu’un nouvel exercice démonstratif, contrasté et brillant. C’est tout l’inverse qui se produit en vérité dès l’ouverture du Sullivan (ouverture de Macbeth, 1888) : suprême sensibilité instrumentale, souci constant des équilibres entre pupitres, exceptionnelle vision de l’architecture globale… la direction du chef invité, l’irlandais Robert Houlihan ne manque pas de qualités. Le maestro fait surgir un éclat constant et pointilliste, une urgence ciselée, s’appuyant sur une très vive acuité expressive, doublée d’une sonorité globale qui saisit immédiatement par la qualité de sa cohérence, par son équilibre souverain : le son de l’orchestre est clair, fluide, d’une étonnante lisibilité dramatique. Sullivan (irlandais aussi) plus connu pour ses innombrables comédies musicales dont l’esprit léger l’apparente à Offenbach, méritait bien cette (re)découverte shakespearienne sur un sujet historique et fantastique, “plus sérieux”. Brillante et sans clinquant, l’Ouverture séduit par sa verve continue et dans l’élégance d’un geste qui veille aux dynamiques, et sait faire allusivement références aux germaniques tels Weber et Wagner. Du grand art, traité par un très habille meneur d’orchestres. D’emblée ce qui frappe ici c’est l’absolue poésie de la direction, une intelligence des accents et de la balance générale. Tout au long du concert la flexibilité et la palette des nuances, l’entrain expressif comme la gestion du dialogue et des réponses entre pupitres, favorisés par Robert Houlihan, ont été passionnants à suivre. Le Berlioz en est la séquence la plus admirable par son intensité et sa pudeur. La scène d’amour de Roméo et Juliette fait valoir une toute autre atmosphère : amoureuse … enveloppante, presque suspendue, énigmatique; d’une audace si Berliozienne par sa texture et ses passages harmoniques… dont le chef, maître du flux organique, façonne une manière de soie vaporeuse et puissamment colorée dont il déduit surtout un sens de la respiration remarquable. L’ivresse et l’extase coulent dans cette séquence polie avec une tendresse et une sincérité inouïes. Le résultat impressionne, mais est-ce si surprenant de la part de l’élève de George Hurst qui lui même connaissait son Berlioz comme personne, ayant reçu de Pierre Monteux des indications d’une inestimable profondeur ? Robert Houlihan aime à préciser aussi qu’il a reçu du maestro Léon Barzin (1900-1999), -né belge, ayant fait carrière aux USA, qui joua sous la direction de Toscanini et qui fonda le New York City Ballet-, une excellente formation technique. Hurst, Barzin…, ainsi est élucidée une équation qui semble ce soir, miraculeusement incarnée : elle produit ses effets immédiats à Tours. Du grand artisanat donc, doublée d’une intuition naturelle et un goût des plus sûrs. A l’invitation de Benjamin Pionnier, nouveau directeur général et artistique de l’Opéra de Tours, le chef charismatique Robert Houlihan électrise les musiciens de l’Orchestre symphonique région Centre-Val de Loire / Tours, dans un programme Shakespeare très original L’œuvre inscrite en dernière partie de ce premier volet déploie les mêmes prouesses en termes de caractérisation et de cohérence interne, mais elle ajoute une autre qualité remarquablement défendue par le maestro : son sens de la structure et du développement, révélant en cela outre le génie du Tchaikovski orchestrateur, sa capacité de conteur : La Tempête, créé en décembre 1873, est un poème symphonique dont le plan symétrique s’appuie sur une texture remarquablement évocatrice, à notre avis qui dépasse son apparente clarté descriptive : la houle du début,- véritable grondement wagnérien, sourd mais remarquablement coloré à la façon du formidable maelstrom initiant le Ring-, qui enfle progressivement installant peu à peu tout un paysage marin, rempli par la suite d’éclairs et de scintillements dramatiques (et amoureux avec l’évocation de Miranda) offre à Robert Houlihan, une nouvelle occasion de nuancer la texture formidable de cette Fantaisie symphonique de Tchaikovski dont la concision et l’équilibre du plan dramatique (la houle océans du début reprend de même dans la fin du poème), son activité scintillante, sa terribilità comme sa fureur épique égalent les poèmes symphoniques et symphonies dramatiques plus connues. Une autre somptueuse découverte. Puis la seconde partie amorce sa course tout aussi haletante et passionnante : l’Ouverture des Joyeuses commères de Windsor d’Otto Nicolaï (1849) scintille de fluidité et de grâce élégante : le chef ajoutant dans les multiples reprises du motif si dansant aux cordes, une maîtrise remarquable dans la diversité des registres expressifs : malice, élégance, suave comédie ; c’est un jeu nerveux et fluide, un feu d’artifice de diverses couleurs instrumentales qui jaillit comme une gerbe miroitante et ardente. Coeur d’une intention poétique sans artifice ni effets d’aucune sorte, les extraits de La Tempête de Sibelius (1926) frappent par le changement de sonorité immédiat, dès le début des 7 séquences choisies : Humoresque regorge de verve et d’intensité pastorale, d’un mordant raffiné, extrêmement bien poli ; surprenant et idéalement réalisé, le portrait du génie de la terre, Caliban, que Sibelius aborde ensuite, avec une acuité expressive très ambivalente finalement, elle aussi malicieuse ; enfin, l’ultime épisode fait éclater toutes les limites expressives de l’orchestre et ouvre directement sur un gouffre inquiétant, infernal ; comme une formidable boîte de Pandore, l’orchestre rugissant, expectorant, déverse une déflagration terrible, d’essence fantastique, laissant l’auditeur comme déconcerté par son étrangeté conquérante, dont l’abstraction fait contraste avec les délices narratifs qui ont précédé. Le chef sculpte la matière sonore avec un tact magicien, alliant puissance et détail, couleurs et profondeur. Le résultat sonore est stupéfiant. A la demande des instrumentistes, Robert Houlihan accepte de bon cœur de conclure ce programme captivant par le très rare Othello de Dvorak (initialement programmé avant la musique de scène de Sibelius), tout en rondeur et en lyrisme caressant (les bois sont très exposés et d’une permanente activité). Chef et orchestres en saisissent la progression dramatique, dense, efficace, sans omettre sa coloration tragique ultime, à l’énoncé du meurtre de Desdémone par son époux manipulé, trop soupçonneux. Le drame shakespearien surgit dans chaque mesure, ciselée, canalisée. Aucun doute, Tours vit une nouvelle ère symphonique depuis la nomination du jeune chef Benjamin Pionnier, comme Directeur général et artistique de l’Opéra. Un cap est franchi ce soir pour un renouvellement des répertoires, en une expérience régénérée de l’écoute collective, de l’élégance partagée. Chef invité, Robert Houlihan force l’admiration par son acuité expressive, sa finesse, sa profondeur et sa flexibilité. Il a suivi comme Benjamin Pionnier la leçon du regretté Georg Hurst en Grande-Bretagne. C’est une leçon de direction, dans le respect souverain des compositeurs et des musiciens de l’Orchestre. Ceux-ci d’ailleurs ne cachent pas leur enthousiasme en fin de concert, applaudissant copieusement, comme le public, un chef aguerri et si humble dont l’intelligence et l’humanité les ont magnifiquement inspirés. Magistral. TOURS, compte rendu critique, concert. Grand Théâtre, le 11 décembre 2016. Concert Shakespeare : Sullivan, Berlioz, Tchaikovski, Nicolaï, Sibelius, Dvorak. Orch Symphonique Région Centre Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. ORCHESTRE SYMPHONIQUE R.GION CENTRE-VAL DE LOIRE / TOURS Concert SHAKESPEARE 2016 Direction musicale : Robert HOULIHAN Le 11 décembre 2016 Programme : 1ère partie Sir Arthur Sullivan : Macbeth Overture Hector Berlioz : Scène d’amour de Roméo et Juliette Piotr Illitch Tchaikovsky : La Tempête, fantaisie symphonique d’après Shakespeare – Op.18 2ème partie Otto Nicolai : Les joyeuses commères de Windsor (Ouverture) Anton Dvořak : Othello (Ouverture de concert) – Op.93 Jean Sibelius : La Tempête – Op.109 (extraits) _______________________ Prochain concert symphonique à l’Opéra de Tours : « Légendes russes », les 7 et 8 janvier 2017 avec Xavier de Maistre, harpe (Concerto de Glière), Rimsky-Korsakov, Borodine… En LIRE + Prochaine production lyrique à l’Opéra de Tours : Franz LEHAR : Le Pays du sourire, 24-31 décembre 2016. Fin d’année heureuse, légère, nostalgique à TOURS, avec l’une des dernières opérettes à succès, Le Pays du sourire créé en 1929, de Franz Lear, l’auteur révélé par La Veuve joyeuse (1905). Formé à Prague (où il retrouve Dvorak), … EN LIRE + VOIR : visionner aussi notre entretien avec Benjamin Pionnier, fonctionnement de l’Orchestre symphonique, présentation de la nouvelle saison 2016-2017 de l’Opéra de Tours…

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